Solal avec Pierre Vidal dans son foyer d’adoption chez Jésus à Sanlucar de Barramaeda

Ce week-end, Solal sera au cartel deux importantes novilladas piquées : Tarascon et Soustons. Jeune novillero sans picador, le nîmois a eu beaucoup de succès (dans le sud-ouest notamment) aborde le virage difficile la novillada piquée. Il le fait en solitaire avec courage, optimisme, en travaillant beaucoup. Il a choisi Sanlucar de Barrameda et son fameux Coso del Pino pour se préparer accueilli par Jésus et Angela; c’est là que nous l’avons rencontré.  

-Solal peux-tu nous raconter ton histoire personnelle? Et d’abord Solal : c’est un apaodo ?

-Non Solal, c’est mon prénom. Je me suis inscris à l’école taurine de Nîmes j’avais sept ans et on m’a appelé Solaltito car j’étais le plus petit. A seize ans j’ai quitté l’école taurine et je me suis inscris à celle de Ruiz Miguel à Los Barrios. J’ai débuté en sans picador le 26 mars 2017 à Vauvert et j’ai débuté avec les picadors en septembre 2019 à Nîmes. Ensuite il y a eu l’année terrible… je n’ai pas toréé une seule course l’année du Covid de 2020. En 2021 j’ai eu la chance de toréer à Mugron et le 25 juillet à Beaucaire. Je me suis installé à Sanlucar de Barrameda où j’ai été accueilli dans la famille d’un grand aficionado, très généreux. C’est ici que je m’entraine tous les jours avec de grands toreros et aussi que je continue mes études puisque je suis en seconde année de licence d’Espagnol. Et c’est grâce à mon ami Jésus qui m’a accueilli que j’ai pu valider ma première année à distance.

Est-ce que ça n’est pas difficile de vivre loin de sa famille et de ses amis ?

-Oui ce sont des sacrifices mais je pense cela vaut le coup. Je les fais avec plaisir. J’attends juste que cela paye. Je sais que cela payer c’est pour ça que je les fais. Ici on s’entraine avec des gens qu’on apprécie et qu’on connait. Après, au cartel, dans l’arène, que ça soit des copains c’est bien, si ça ne l’est pas ça n’est pas un problème, cela ne change rien.

-Pourquoi as-tu voulu devenir torero ?

-C’est grace à mes parents et surtout à ma mère qui a vu sa première corrida le même jour que moi, j’avais six ans. On l’a vu ensemble. On a rien compris mais ça nous a plu. Petit à petit je me suis intéressé à la tauromachie, j’ai lu des livres. J’ai joué au toro et je me suis inscris à l’école taurine à l’âge de 7 ans.

-Quelle tauromachie voudrais-tu pratiquer ?

-C’est une question compliquée. Je n’ai que 20 ans : mon style n’est pas défini. J’ai une vision de la tauromachie classique. J’apprécie Morante, Talavante, José Tomas, Joselito. Des toreros classiques. Est-ce que c’est la tauromachie que je sais faire ? je ne sais pas mais c’est celle que je veux réussir à faire.

-Julien Lescarret, en présentant la novillada de Soustons, t’a qualifié « d’audacieux ». Tu es d’accord avec ce qualificatif ?

-C’est un compliment. Petit on me demandait de quoi es-tu fier ? Je répondais : « je serais fier si on disait que je suis courageux ». C’est la qualité principale chez un torero. Pour le reste, c’est comme un vigneron il adore le meilleur vin  du monde mais il n’est pas forcément capable de le produire… après quand on est petit on ne sait pas forcément à quel torero on va ressembler. Le Fandi ne savait qu’il serait le Fandi quand il avait dix ans. On a tous nos modèles. J’apprécie beaucoup de banderiller par exemple et je bandérille sans me soucier des autres. Ma personnalité c’est les gens qui la définiront. Ils mettront leurs mots dessus.

-Tu mènes ta carrière d’une manière solitaire. Pourquoi ?

C’est un peu des non-choix. Je n’ai jamais eu d’offres concrètes d’un Simon Casas ou d’un Tonio Matilla d’apoderamiento. Je ne suis pas forcément à la recherche de ça. Bien sûr ça fait rêver. Je pense que ça viendra. Je n’ai toréé que trois novilladas. Ça viendra ; chaque chose en son temps. On a tous une trajectoire particulière avec plus ou moins de chance. J’ai fait des rencontres extraordinaires : Denis Loré, Ruiz Miguel, Patrick Varin. Maintenant je travaille avec Hervé Galtier. Cela s’est fait en toute simplicité. Le jour où je me suis retrouvé seul ,Hervé m’a proposé son aide. C’est une relation professionnelle mais surtout amicale. On s’entend très bien. Ça fonctionne parfaitement.

-Cette année est encore difficile es-tu déçu du nombre de contrats que tu as pu obtenir ?

-Déçu ? Non je ne suis pas déçu. Je me suis beaucoup battu pour arriver à décrocher quelques contrats. Une fois la saison commencée on dit : j’aurais aimé toréer là ou là, mais l’a dernier j’en ai fait zéro. Je n’ai pas mis une seule fois le costume de lumières cette année je vais le mettre plusieurs fois. Je n’ai pas à me plaindre.

-Ce week-end : Tarascon, Soustons, comment vois-tu ces rendez-vous ?

-Ce sont deux courses super importantes : Tarascon avec des toros de Juan Bautista c’est vraiment chez moi et ensuite Soustons il y aura une vraie competencia entre le sud-est et le sud-ouest. Je vais à ces deux novilladas à deux cents pour cent.

ITW. Pierre Vidal

Entrainement au Coso del Pino