Mois : mai 2022 Page 1 sur 13

Et le toro?

Toro de Cebada Gago, corral de Vic (Photo Louise de Zan)

Il y a quelques jours, je faisais le point sur une temporada assez exceptionnelle puisqu’elle succĂšde Ă  deux ans de panne due Ă  la pandĂ©mie et qu’elle se dĂ©roule dans une situation critique : celle de la montĂ©e de l’animalisme. Dans ce contexte, mes premiĂšres constatations se vĂ©rifient : un trio s’est installĂ© en haut de l’affiche. Il est composĂ© de El Juli, Morante de la Puebla et AndrĂ©s Roca Rey. Autour de cet axe, Antonio Ferrera gravite. Un ange passe : Antonio Tellez et avec lui, Tomas Rufo ; ils assurent la relĂšve. C’est la leçon provisoire de Madrid,  sorte de juge de paix, de col du Galibier si l’on veut comparer cela au Tour de France. Madrid, par ailleurs un grand succĂšs populaire, c’est encourageant: sans doute plus de 500 000 spectateurs pour la San Isidro avec de nombreux Lleno. On ne peut rien faire contre une assistance aussi massive.

« Et le toro ? Â» Me disent quelques voix amicales. C’est Ă©videmment l’essentiel du spectacle et rien ne justifie sa mise au second plan, sa rĂ©duction. Sans toros braves pas de corridas, faut-il le rĂ©pĂ©ter ? Cela va de soi. C’est en tout cas ce que les aficionados du « sept Â», Ă  Madrid, ne cessent « d’exiger Â» avec leurs pancartes indiquant : « nous voulons rĂ©cupĂ©rer le toro de Madrid Â». Soit, mais de quoi parlent-ils ? S’agit-il d’une question de poids ? De trapio ? D’armures ?  D’encastes ? On a vu que la corrida de Samuel Flores excessivement prĂ©sentĂ©e, dĂ©fendue de maniĂšre exorbitante, a donnĂ© un jeu pitoyable. Celle de Fuente Ymbro composĂ©e de six mammouths de cinq ans et plus, tous le couteau entre les dents, n’a guĂšre fait mieux. C’est bien de la recherche de la caste dont il est question.

Il faut un toro harmonieux, dans le type de son origine, aux dĂ©fenses intĂšgres, suffisamment solide et tout cela on est en droit de l’exiger d’un organisateur. MĂȘme si la prĂ©sentation est essentielle on ne peut pas prĂ©juger vĂ©ritablement de la maniĂšre dont se comportera un animal en piste. C’est Ă  dire du cƓur mĂȘme du spectacle. On ne peut donc pas dire d’une corrida Ă  l’avance si elle sera « bonne ou mauvaise ». C’est le mystĂšre du toro bravo et ce mystĂšre est prĂ©cieux, car l’incertitude fait le charme de la tauromachie ; elle maintient son intĂ©rĂȘt.

Sans doute sous la pression des toreros -des vedettes du moins-, des empresas avec leurs veedors dĂ©pĂȘchĂ©s dans les Ă©levages et avec l’agrĂ©ment des ganaderos eux-mĂȘmes cherche-t-on Ă  Ă©liminer cette part d’incertitude essentielle. Il est stupĂ©fiant de voir le nombre de matadors ou de novilleros -parfois dĂ©butants- qui refusent telles ou telles ganaderias car elle ne serait pas propice au succĂšs. Honneur Ă  ceux qui acceptent tout et triomphe avec ce qu’on leur donne, je pense Ă  Sanchez Vara par exemple qui s’est une nouvelle fois justifiĂ© Ă  AlĂšs.

« Et le toro ? Â» Le dĂ©bat est vieux comme la tauromachie elle-mĂȘme. C’est un dĂ©bat enrichissant. Il doit rester amical, comme il se doit entre gens de la mĂȘme famille. La solidaritĂ© doit primer sur les divergences de vue. L’anathĂšme ne doit pas prendre le pas sur la supplication. Les aficionados au toro-toro ont leurs bastions. Ils sont inamovibles. AprĂšs AlĂšs, avant CĂ©ret, ce sera Vic-FĂ©zensac, ce week-end, une institution singuliĂšre puisque l’intĂ©gralitĂ© du village (plus les environs) pourrait intĂ©grer les tendidos des arĂšnes Joseph Fourniol. En rĂ©alitĂ© les spectateurs viennent de l’Europe entiĂšre pour cette fĂȘte sauvage et enivrante.

On dĂ©fend Ă  Vic, le toro-toro depuis des gĂ©nĂ©rations et l’équipe actuelle s’inscrit dans cette tradition. La prĂ©sentation sera impeccable et le lieu, en raison de la proximitĂ© entre les gradins et la piste, est privĂ©lĂ©giĂ© pour scruter le dĂ©roulement du combat dans ses dĂ©tails. Ce combat, c’est en fait ce qui nous passionne : nous le voulons loyal, intĂšgre, sans tricherie. Nous voulons saluer un animal unique, dans sa splendeur naturelle et dans ce sens les croisements contre nature, les « adoucissements Â» provoquĂ©s n’ont pas notre agrĂ©ment. Sortir de l’artificiel, chercher l’essentiel, discerner la vĂ©ritĂ© n’est-ce pas la quĂȘte du monde moderne ?

Pierre Vidal    

Madrid, festival de cornes

Pour cette corrida de Samuel Flores, issues de 3sementales différents et ùgée de 4 ans, pour une fois, le cartel était composé de

Fernando Robleño, vert Empire et or    :silence et Salut au tiers.

Morenito de Aranda, Plomb et azabache : salut au tiers et ovation et salut depuis le callejon.

Damian Castaño, gĂ©ranium d’Alsace et or. Applaudissements et silence.

Damian Castaño qui confirmait Ă  Madrid  a Ă©tĂ© sĂ©rieux, sans grande efficacitĂ©, et a hĂ©ritĂ© comme ses compañeros de cornus impressionnants, le premier  largo avec une corne gauche impossible,derrote au passage du torero, lui effleure le nez.

Peur sur le visage de Castaño qui va aux planches se faire mettre un peu d’eau fraiche dans le cou comme un boxeur aprĂšs un round difficile.

A son second , plus commode  mais aussi plus faible le torero ne sait pas profiter  du naturel noble de ce toro.

Fernando Robleño, le plus habituĂ© de tout l’escalafon Ă  des toros difficiles et dangereux  avec Rafaelillo et deux ou trois autres, a du se battre avec un superbe animal sauteur de burladero, peu enclin Ă  collaborer. Fernando de CĂ©ret a tout de mĂȘme tentĂ© l’impossible sur la corne gauche, en se croisant au maximum. Deux fois 4 passes Ă  droite ; deux fois aussi Ă  gauche, pinchazo Ă©pĂ©e entiĂšre et descabello


A  son second,1mĂ©tre vingt de pointe Ă  pointe astifinas, terrifiant ,on se demande comment le petit homme vert pourra passer au dessus de cette corne droite au moment de la suerte suprĂȘme.

Et pourtant il y parvient, une entiĂšre efficace.  Salut au tiers.

L’homme du jour c’est Morenito de Aranda, dĂ©cidĂ©, technique et volontaire Ă  tout moment. Son premier sera le 1er sobrero a qui Fernando Sanchez et Zamorano poseront si bien les banderilles qu’ils seront appelĂ©s Ă  saluer.

Belle construction de faena entamĂ©e par un appel du centre de l’arĂšne bonne sĂ©rie de vĂ©nronicas, le toro manque un peu de force, bonne sĂ©rie Ă  gauche Ă©pĂ©e entiĂšre, salut au tiers.

Toro applaudi à l’arrastre.

Le plus gros sort en 5Ăšme position, Javencito, 629kgsde septembre 2017. Une fois encore Fernando Sanchez salue pour ses exploits aux banderilles.

Morenito tente de templer la charge de ce grand toro qui donne de la tĂȘte et finit par humilier  dans un final Ă  gauche, trĂšs dĂ©cidĂ©   dans lequel Morenito insiste Ă  juste titre , espĂ©rant sans doute l’oreille  au bout de deux avis, aprĂšs pinchazo et une entiĂšre et descabello
hĂ©las.

Toro applaudi à l’arrastre, sans doute le meilleur de la tarde.

Toute la soirĂ©e on a vu des cornes des cornes des cornes
 un vrai festival de cornes
 mais  Ă§a ne suffit pas.

Jean François NeviÚre

El segundo toro de la tarde intentĂł saltar al callejĂłn.
Photo « El Pais »

NĂźmes, retour de la corrida portugaise

NĂźmes et la lĂ©gende des portugaises nocturnes : pendant des dĂ©cennies, les corridas portugaises prĂ©sentĂ©es « sans mise Ă  mort Â» en piste ont fait les beaux soirs d’une tauromachie populaire, grand public, apprĂ©ciĂ©e des familles pour l’élĂ©gance des cavalier, la beautĂ© de leurs montures et le grand spectacle proposĂ© par les forcados. Des courses qui ont permis Ă  de nombreux toreros Ă  cheval de renom de faire leurs premiĂšres armes dans la discipline taurino-Ă©questre. Les samedis et dimanches soirs de PentecĂŽte, la lĂ©gende JoĂŁo Moura a souvent fait le paseo sur la piste des arĂšnes de NĂźmes. Un Âge d’or qui a vu dĂ©filer des Manuel Vidrie, Jacques Bonnier, Luis et Antonio Domecq, Marie Sara, Andy Cartagena ou encore Nathalie Gonfond lors de soirĂ©es passionnantes de rejoneo


Cette annĂ©e, deux troupes de forcados de lĂ©gende seront de retour Ă  NĂźmes : le groupe d’Amadores de Cascais, fondĂ© le 19 septembre 1963 par JosĂ© JĂșlio Costa, aujourd’hui dirigĂ© par Paulo Loução depuis six ans, et le groupe d’Amadores AcadĂ©micos de Coimbra, fondĂ© le 3 mai 1964, fondĂ© par le docteur AntĂłnio Montarroio Farinha, aujourd’hui dirigĂ© par Engenheiro Ricardo Marques depuis huit ans.

(Communiqué)

Mont-de-Marsan : Angel Tellez et Alavaro Alarcon entrent Ă  la Madeleine

Mont de Marsan Feria de la Madeleine 2022 le remplacement de Emilio de Justo le 23 sera effectué par Angel Tellez qui défilera avec Antonio Ferrera et Gines Marin toros de La Quinta. La novillada matinale du 23 sera complétée par Álvaro Alarcon.

La feria est donc composée ainsi:

Mercredi 20 juillet: Toros de Victoriano del RĂ­o pour Antonio Ferrera, Diego Urdiales et Daniel Luque.

Jeudi 21, (Matinale): Novillos de Alma Serena, La Espera et Camino de Santiago-L’Astarac pour Tristan Barroso, Juanito, Christian Torres et Manuel Roman Alvarez.

Jeudi 21 juillet ,(Tarde): Toros de Hnos. García Jiménez pour Morante de la Puebla, Juan Ortega et Tomas Rufo.

Vendredi 22 juillet: Toros de Celestino Cuadri pour Rafaelillo, Octavio Chacón et Damiån Castaño.

Alvaro Alaracon triomphant Ă  Madrid

Samedi 23 juillet: (Matinale): Novillos de Cuillé pour Yon Lamothe, Cristian Parejo et Alvaro Alarcon.

Angel Tellez Ă  Madrid

Samedi 23, (Tarde): Toros de La Quinta pour Antonio Ferrera, Angel Tellez et Ginés Marín.

Dimanche 24: Toros de Pedraza de Yeltes pour Domingo LĂłpez Chaves, Alberto Lamelas et Thomas Dufau.

CHRONOLOGIE D’UNE REVOLUTION TAURINE

Un demi-siĂšcle s’est Ă©coulĂ© ! Une vraie RĂ©volution, porteuse de changements durables, que rĂ©vĂšle cette exposition ouverte au public Ă  partir de jeudi 2 juin 15 heures au lundi 6 juin 21h. A l’initiative de Marc Antoine Romero et de Patrick Laugier, avec le soutien d’Évelyne et Jacques Lanfranchi, de Simon Casas Production (Gilles Vangelisti). Photo Bernard Moschini (CommuniquĂ©)

manif29h

AlÚs: les Curé de Valverde et Sanchez Vara

Photo Nicolas Couffignal

ArĂšnes du Temperas Ă  AlĂšs derniĂšre corrida de la feria 2022
Toros du Curé de Valverde: trÚs bien présentés et armés . Tous ùgés de presque six ans; excellents les troisiÚme et quatriÚme , intéressants et avec des options, sauf le cinquiÚme, les autres
Javier Sanchez Vara : une oreille, une oreille
Sebastian Ritter: vuelta, salut
Maxime Solera: un avis et une oreille, silence
Vuelta au quatriĂšme toro
14 piques, deux au regaton, ovation au sixiĂšme toro pour Jean Loup Aillet
Président Nicolas Pétriat (Orthez)
Soleil, vent 6/10Ăšme d’arĂšne

Grande corrida du CurĂ© de Valverde, ce dimanche Ă  AlĂšs. AgĂ©s de presque 6 ans, trĂšs bien armĂ©e et prĂ©sentĂ©s, avec du tamaño mais pas d’excĂšs de poids , les toros du CurĂ© de Valverde ont Ă©tĂ© nobles, braves, avec de la charge. Ils ont crĂ©Ă© de l’Ă©motion en piste tout en proposants des options aux trois toreros.

Photo Nicolas Couffignal

Sanchez Vara, chef de lidia omniprésent, a coupé deux fois une oreille. Il a lidié ses deux adversaires avec beaucoup de professionnalisme. Ces deux faenas ont comporté des séries de derechazos sincÚres , allongeant la charge du toro. De plus il a bien tué.

Photo Nicolas Couffignal

Sebastian Ritter a fait une vuelta aprĂšs la lidia de son premier toro. Le colombien s’est appliquĂ© , torĂ©ant avec envie mais sans se croiser. Au cinquiĂšme, il a rapidement abrĂ©gĂ© face Ă  un toro compliquĂ©.

Photo Nicolas Couffignal

Le français Maxime Solera a repris confiance. Il a bien tuer ses deux adversaires. Il a rĂ©alisĂ© une trĂšs bonne faena Ă  son trĂšs bon premier torĂ©ant trĂšs relĂąchĂ© et avec beaucoup de classe avec la main gauche. Face au sixiĂšme, il a commis l’erreur de torĂ©er passe Ă  passe , un toro qui avait beaucoup de fond et de race et qui demandait Ă  ce qu’on l’oblige et l’embarque dans des sĂ©ries de passes liĂ©es Ă  la suite les unes des autres.

TR

Les autres spectacles de ce dimanche

Image

Villamayor de Santiago feria Virgen de Magaceda inauguration de la rénovation de la plaza toros de Julio Puerta pour Antonio Ferrera oreille et silence, El Fandi deux oreilles et deux oreilles Mario Sotos deux oreilles et deux oreilles

San JosĂ© del Valle (CĂĄdiz), lleno de ‘No hay billetes’. Toros de Fuente Ymbro. Finito de CĂłrdoba, oreille; El CordobĂ©s, deux oreilles et la queue; El Cid, deux oreilles, Octavio ChacĂłn, deux oreilles et la queue; El Melli, deux oreilles et la queue.

El Molar (Madrid).- Novillos de JosĂ© VĂĄzquez FernĂĄndez et Victoriano del RĂ­o pour Isaac Fonseca 2 oreilles et 2 oreilles Alejandro Peñaranda silence , 2 oreilles

Santa MarĂ­a la Real de Nieva (Segovia).- Novillos de El Tajo y La Reina pour JosĂ© Rojo saluts (avis), vuelta Ăngel Bustos silence, saluts Diego VĂĄzquez silence (avis), silence

Estremera de Tajo (Madrid).- Circuit des novilladas de Madrid. Novillos de GinĂ©s BartolomĂ© et Torrenueva pour Yon Lamothe vuelta et oreille , Sergio RodrĂ­guez oreille et oreille

SĂ©ville

Real Maestranza de CaballerĂ­a de SĂ©ville. Dimanche. DeuxiĂšme novillada de temporada. Un tiers d’entrĂ©e.

Novillos de Villamarta, bien prĂ©sentĂ©s manquant de race dans l’ensemble.

PABLO PÁEZ, ovation et silence.

JAIME GONZÁLEZ-ÉCIJA, ovation et silence.

Sevilla, La Maestranza, Álvaro Burdiel, Pablo Páez, Jaime González-Écija, Villamarta

ÁLVARO BURDIEL, vuelta al ruedo et ovation.

Madrid: un exploit signé Léa

Plaza de toros de Las Ventas de Madrid. Dimanche. 22Ăšme de la Feria de San Isidro. Lleno de ‘No hay billetes’ de entrada.

Toros de Carmen Lorenzo y Capea (2Âș et 6Âș), 

Mano Ă  mano

LEA VICENS, silence, oreille et oreille. 

GUILLERMO HERMOSO DE MENDOZA, qui confirmait l’alternative, palmas, oreille et deux oreilles.

Deux grandes faenas de LĂ©a Vicens l’auront fait rentrer dans l’histoire puisqu’elle est dĂ©sormais la premiĂšre femme française Ă  sortir en triomphe Ă  deux reprises des arĂšnes de Las Ventas et aussi la premiĂšre rejoneadora. Un exploit qu’elle doit Ă  son talent, Ă  son travail et Ă  ses qualitĂ©s artistiques. Dans sa cavalerie on notera « Betico » Ă  la base de son premier travail, « Guitarra » et « Diluvio » qui ses sont distinguĂ©s face au quatriĂšme toro et « Fermin » qui lui permit de poser les roses finales qui lui ouvrirent la puerta grande.

Enhorabuena LĂ©a!

Belle confirmation de Guillermo Hermoso de Mendoza qui prend ainsi la succession de son pĂšre Pablo.

Aranjuez

Image

Bicentenaire de la plaza de toros del Real Sitio y Villa de Aranjuez (Madrid). Tradicionnelle Corrida de San Fernando. Casi lleno.

Toros de La Quinta, .

‱ MORANTE DE LA PUEBLA, pitos et ovation aprĂšs deux avis.

‱ ALEJANDRO TALAVANTE, silence aprĂšs avis et deux oreilles.

‱ DANIEL LUQUE, silence et deux oreilles.

Page 1 sur 13

© 2022 Corridasi - Tous droits réservés